Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

08 février 2010

accès à l'eau potable: une question démocratique

Au fil de l’eau

 

L’eau est indispensable à la vie, en termes de santé et de bien-être,  d’hygiène et d’assainissement du milieu ; et pourtant l’accès à l’eau potable, nous avons pu le constater sur le terrain notamment à Kinshasa pose problème à plusieurs titres.

Pourtant le diagnostic a été maintes fois posé: infrastructures vieillottes sinon inexistantes, incapacité de la Regideso de remplir ses missions à l’égard de la collectivité, recours à des solutions palliatives parfois trop coûteuses et d’une hygiène douteuse pour les familles etc.

Mais ce serait se tromper de considérer qu’il s’agit d’une question essentiellement technique.

La question de l’accès à l’eau potable au Congo constitue bel et bien un problème de démocratie. Bien sûr, le financement conséquent de la Regideso est un minimum.

Toutefois, des enquêtes approfondies mettent en évidence la nécessité des réformes législatives, politiques et administratives.

 

Quelques exemples nous suffiraient à ce sujet. L’adoption du « Code de l’eau » par le Parlement congolais, en conformité avec des accords entérinés par le Congo sur le plan international  les quels ont adopté le principe de l’accès de tous à l’eau potable reste lettre morte. L’adoption du « Code de l’eau » est pourtant essentiel car il consacre le principe de l’accès de tous à l’eau et proclame que les ressources en eau de la RDC constituent un patrimoine en commun qui ne pourrait être soumis aux seules règles du marché économique.

En effet, l’accès à l’eau potable devrait être considéré non comme un bienfait des politiciens, mais comme un droit imprescriptible de tout citoyen. De ce fait, la société civile devrait disposer des moyens et des outils afin de contrôler le fonctionnement des entreprises chargés de distribuer l’eau aux populations.

Dans le cas du  Congo, le fonctionnement de la Regideso pose problème à plusieurs titres.

La gestion est placée sous la tutelle des plusieurs ministères et cette entreprise n’est pas contrôlée par un organisme indépendant tant sur la qualité de l’eau que  sur le coût des services.

Les financements sont aléatoires et l’ardoise des institutions publiques est très importante.

Néanmoins, le savoir faire et l’expérience de cette entreprise publique ne sont pas à mettre en doute et constituent des réels atouts.

Le chantier législatif ainsi que la mise en place des institutions de contrôle devraient être des priorités en cette année du jubilé de l’indépendance du Congo.

 

A terme, il s’agira de permettre à tous les Congolais tant dans les villes que dans l’arrière pays

d’avoir accès à l’eau potable.

Une manière concrète d’enraciner la démocratie, de lui donner chair et corps, et d’améliorer la qualité de vie des Congolais : c’est un chantier prioritaire.

ASENGO OTOMBO Marie Marthe

 

Diplômée en Sciences Sociales du Travail (Institut Supérieur pour Cultures Ouvrières ISCO)

 

Experte en Genre et en Education à la Citoyenneté, à la Diversité et à la Paix